L’économie de proximité, une alternative à la crise

Avec la crise, l’économie mondiale a perdu de son crédit. Les citoyens n’ont plus confiance. Pour éviter la déconnexion, une solution, l’économie de proximité. Une idée défendue lors de la table ronde “Economie de proximité : quand l’économie redécouvre le local”.
Le concept n’est pas nouveau. Il est pourtant mal connu du public. Pour Bernard Pecqueur, professeur à l’Institut de géographie alpine de Grenoble, il s’agit “d’une économie qui valorise le contexte territorial où vivent les gens, et crée un ensemble historique, culturel, et de paysage”. Cyril Kretzschmar, conseiller délégué à la nouvelle économie à la Région Rhônes-Alpes, défend pour sa part une approche plus pragmatique, “l’artisanat, l’économie sociale et solidaire, et les très petites entreprises (TPE) à ancrage local représentent l’économie de proximité. Cet ensemble pèse près de 80% de l’économie de notre pays”. Pascal Canfin, député européen vert, illustre le propos par deux exemples: “Il y a deux gisements majeurs de l’économie de proximité. Les services à la personnes au sens large, c’est à dire relevant du care, et l’économie écologique, qui repose sur un circuit court, notamment en matière alimentaire.”
Un système imparfait mais nécessaire
Les intervenants, pourtant partisans de l’économie de proximité, ont pointé les défaillances du système. Premier risque majeur pour Bernard Pecqueur, “le risque d’enfermement. La formule communautariste est un piège mortel”. De son côté, Alain Even estime “qu’il faut penser l’économie de proximité comme un développement intégré où les différents acteurs, publics et privés, sont amenés à se rencontrer et se coordonner”, pour permettre aux projets de perdurer. Suite à une intervention du public, la question du prix à la consommation de l’économie de proximité a été posée. “Sur un circuit court, à qualité égale, les produits sont moins chers car il faut penser en terme de coût global, répond Cyril Kretzschmar, élu Europe Écologie. Par exemple, si on achète un tee-shirt chinois à 2 euros, son coût réel est beaucoup plus élevé, car il faut tenir compte de son empreinte carbone”. Une réponse qui ne satisfait pas totalement Pascal Canfin: “Il faut penser aux citoyens. Avec la crise et l’état actuel du pouvoir d’achat, le consommateur se dirige logiquement vers le produit le moins cher. Du coup, il est préférable d’aller vers des circuits de proximité au gain immédiat en terme de pouvoir d’achat. C’est le cas, par exemple, pour les transports, grâce à des formes innovantes de transports collectifs (taxis solidaires, covoiturage) moins chers qu’une voiture, ou encore pour le logement et les coopératives d’habitants qui produisent des logements beaucoup moins onéreux”.
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